Grand angle

Passez d'un monolithe à des microservices en 8 étapes

  • Date de l’événement 16 jan. 2024
  • Temps de lecture min.

Découvrez l'architecture des microservices : avantages, défis et conseils pour une migration réussie depuis une application monolithique.

Que sont les microservices exactement ?

Un microservice est un composant logiciel autonome qui implémente une capacité métier unique.

Il dispose de sa propre base de données, expose une API dédiée et peut être déployé indépendamment, ce qui réduit le couplage avec le reste du système d’information et permet des mises à jour plus rapides.

Le concept n’est pas totalement nouveau. Il repose sur des principes historiques du génie logiciel :

  • chaque brique logicielle remplit une seule fonction et le fait correctement,
  • chaque service est conçu pour être réutilisable et composable,
  • les tests sont rapides et automatisables.

Ces principes prolongent les approches de modularisation comme la programmation orientée objet et l’architecture orientée services (SOA), mais avec un niveau d’autonomie beaucoup plus fort pour les services individuels.

L’architecture de microservices s’est imposée grâce à la convergence de plusieurs évolutions :

  • les pratiques DevOps et l’intégration continue,
  • la conteneurisation et le cloud,
  • l’automatisation du déploiement et de la livraison continues.

Cette combinaison permet aujourd’hui de découper un système monolithique en composants indépendants tout en conservant un haut niveau de fiabilité et de performance.

Les microservices ne sont pas une solution universelle

Avant d’engager la transformation d’un système monolithique vers une architecture de microservices, il est essentiel d’évaluer les besoins réels en matière d’évolutivité, de fréquence de mises à jour et d’organisation des équipes.

Dans certains contextes, conserver une architecture centralisée reste le choix le plus pertinent :

  • Périmètre fonctionnel réduit : la complexité opérationnelle (CI/CD, observabilité, réseau, sécurité) peut dépasser les bénéfices.
  • Application stable dans le temps : en l’absence d’enjeux de mise à l’échelle ou de livraison continues, le découpage en services individuels apporte peu de valeur.
  • Fort couplage technique ou fonctionnel : certaines dépendances sont difficiles à isoler sans refonte importante.
  • Coût de transformation élevé : la migration implique des changements d’architecture, d’outillage et de compétences.

Les environnements manipulant des données sensibles doivent également faire l’objet d’une analyse spécifique.

La distribution en plusieurs services peut complexifier la gestion des accès et des flux, même si elle permet ensuite une isolation plus fine et un contrôle de sécurité plus granulaire.

En pratique, l’adoption des microservices est donc avant tout une décision liée aux enjeux métiers, à la capacité à industrialiser les déploiements et à la maturité des équipes sur les architectures distribuées.

Pourquoi adopter une architecture de microservices ?

La transformation d’une application monolithique en microservices apporte des bénéfices concrets en matière de performance, d’organisation des équipes et de capacité d’évolution. Le jeu peut en effet valoir la chandelle, notamment autour des concepts suivants :

  • Évolutivité : la décomposition d'un service monolithique en microservices peut améliorer l'évolutivité en permettant une mise à l'échelle indépendante des différents domaines fonctionnels.
  • Flexibilité : les microservices peuvent améliorer la flexibilité en permettant un développement et un déploiement indépendants des différents domaines fonctionnels, ce qui facilite la modification ou l'extension de l'application.
  • Résilience : la gestion et la surveillance indépendantes des différents domaines fonctionnels peuvent améliorer la résilience de l'application.
  • Collaboration : si différentes équipes travaillent sur différentes parties de l'application, les microservices peuvent faciliter leur travail indépendant et améliorer la collaboration.
  • Stack : en utilisant des microservices, il est possible d'utiliser différentes stacks technologiques (langage de programmation, base de données pour chaque domaine de l'application, ce qui garantit l'utilisation de la technologie la mieux adaptée à chaque domaine). Cela peut offrir de nombreux avantages, tels que l'amélioration de la performance, de la maintenabilité et de l'évolutivité.
  • Sécurité : en outre, la décomposition d'un service monolithique en microservices peut améliorer la sécurité en permettant un contrôle d'accès plus granulaire et l'isolation des données sensibles. Avec des microservices, il est plus facile de mettre en place des mécanismes de sécurité tels que l'authentification et l'autorisation au niveau de chaque service, ce qui permet un contrôle d'accès plus fin. De plus, en isolant les données sensibles dans des services distincts, il est possible de limiter l'exposition de ces données et de réduire les risques de compromission de la sécurité.

8 étapes pour passer aux microservices :

Il n’existe pas de méthode unique pour transformer un système monolithique en architecture de microservices.

En revanche, une approche structurée permet de réduire les risques et d’industrialiser progressivement la transformation.

Voici les 8 étapes recommandées :

  1. Définir lé périmètre : tout d'abord, identifiez les domaines fonctionnels distincts d'un système monolithique, tels que la gestion des utilisateurs, la gestion de la sécurité, la gestion des identités… Pour cela, la méthode “DDD” (domain driven design) peut être intéressante.
  2. Décomposer l'application : divisez un système monolithique en services plus petits et indépendants qui peuvent être développés, déployés et mis à l'échelle de manière autonome.
  3. Définir le contrat d'API : définissez le contrat d'API pour chaque service, qui comprend les structures de données et les méthodes qui peuvent être appelées. Cela permet de s'assurer que les services peuvent communiquer entre eux de manière fiable et cohérente. En outre, le code commun doit être séparé en modules qui peuvent être partagés entre plusieurs services.
  4. Intégration et livraison continues : la mise en place d'une intégration et d'une chaîne robuste de livraison continues (CI/CD) permet d'automatiser le processus de déploiement et de garantir que les nouveaux services sont déployés rapidement et de manière fiable.
  5. Refondre le code : révisez le code d'un système monolithique pour l'aligner sur la nouvelle architecture. Cela peut impliquer le transfert du code du logiciel monolithique vers les nouveaux services et la modification du code pour qu'il adhère au nouveau contrat d'API. Il peut également être nécessaire de modifier le code pour qu'il utilise les nouvelles technologies nécessaires aux microservices.
  6. Tester : une fois que les microservices ont été développés et le code a été refactorisé, testez le système pour détecter les erreurs et les problèmes de performance.
  7. Surveiller : les microservices nécessitent une surveillance régulière pour s'assurer qu'ils fonctionnent correctement et pour détecter les problèmes dès qu'ils surviennent.
  8. Optimiser : enfin, optimisez les microservices pour les rendre plus efficaces et plus performants en cas de besoin. Les microservices offrent la flexibilité nécessaire pour mettre à jour et améliorer les services individuels sans affecter l'ensemble de l'application.

Bonnes pratiques pour réussir une architecture de microservices

Dans une architecture distribuée, une requête peut traverser plusieurs services avant de produire une réponse.

Il est donc essentiel de mettre en place une journalisation corrélée : chaque appel doit transmettre un identifiant unique. Cela permet de suivre le parcours d’une requête, de déboguer rapidement et d’améliorer l’observabilité globale.

La gestion des transactions distribuées est un autre point critique. Une opération qui était autrefois gérée par un seul bloc applicatif doit maintenant être coordonnée entre plusieurs services. Anticiper ce besoin dès la conception évite des refontes coûteuses et garantit la cohérence des données.

Une migration progressive est la stratégie la plus sûre. Commencer par isoler une première fonctionnalité à faible risque permet de valider la chaîne d’intégration et de livraison continues (CI/CD), le déploiement indépendant des services et l’organisation des équipes. Le routage du trafic peut ensuite être étendu progressivement aux nouveaux services, ce qui limite les risques.

Enfin, le choix technologique doit être adapté aux compétences de l’équipe. Même si chaque service peut utiliser un langage différent, il est essentiel de garantir la maintenabilité, la capacité de support à long terme et une adoption rapide par les équipes. L’objectif est d’équilibrer innovation et stabilité opérationnelle.

Je veux m’y mettre, justement !

Notre message est clair : il faut prendre un peu de temps et réfléchir attentivement avant de se lancer dans les microservices peut éviter des problèmes sur le long terme. Une bonne planification et une conception réfléchie sont essentielles pour garantir le succès de la migration vers une architecture basée sur des microservices.

Si votre équipe ne dispose pas de l'expertise nécessaire en matière de systèmes distribués, de microservices et de conteneurisation, ce n’est pas un problème ! Les nôtres en ont. Faites appel à nos experts sur le sujet !

 

Brice Blondiau

Brice Blondiau

Leader Data & IA