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Agentique commerce : de la théorie aux premiers cas d'usage

  • Date de l’événement 07 Sep. 2026
  • Temps de lecture min.

D'ici 2030, entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars de ventes au détail seront médiés, orchestrés ou influencés par des agents IA selon le cabinet McKinsey. Or, seules 2% des organisations sont réellement prêtes à relever les défis de l'agentique commerce.

Seules 2 % des entreprises e-commerce dans le monde sont aujourd’hui entrées de plain-pied dans l’agentique commerce industriel. C'est-à-dire qu’elles disposent d'un agent IA capable d'exécuter une transaction financière de bout en bout sans l’intervention d’un humain.

Une capacité qui ouvre le champ des possibles, tant au niveau des consommateurs que des e-commerçants. Et pour cause, ils sont de plus en plus d’acheteurs à consulter l’IA générative, type ChatGPT, Perplexity, Gemini ou Claude, pour les aider à trouver, puis à comparer des biens et des services. La Gen AI apparaît alors comme une véritable aide à l’analyse et à la décision.

Pour autant, les étapes suivantes sont souvent encore dans le giron des humains, à savoir vérifier la disponibilité du produit, la fiabilité du site marchand, et bien entendu pour passer concrètement la commande.

Dans un futur proche, ce sont les agents intelligents qui exécuteront massivement les actes d’achat.

Aussi, le taux de 2 % d’entreprises prêtes pour l’agentique commerce, semble très faible au regard de l’opportunité business à venir. Et pas dans dix ans. Les comportements évoluent… et vite. En effet, selon McKinsey & Company, 1 000 milliards de dollars de ventes au détail seront médiés, orchestrés ou influencés par des agents IA d’ici 2030 ; et ce, rien que sur le marché américain. À l’échelle internationale, les estimations du cabinet de conseil oscillent entre 3 000 et 5 000 milliards de dollars !

Agentique commerce : de quoi parle-t-on ?

L’agentique commerce désigne un nouveau modèle d’e-commerce : l'acte d'achat n'est plus l’apanage d’un être humain naviguant sur un site web classique. Il peut être délégué à un agent IA autonome ! En somme, on passe du traditionnel “Search & Click” au révolutionnaire “Prompt & Delegate”. C’est un véritable changement de paradigme !

Contrairement aux chatbots ou moteurs de recommandations traditionnels, l’agent intelligent est capable :

  • d’interpréter une intention d'achat complexe. Par exemple : « J’ai ma conférence B2B à Lyon mardi prochain. Organise mon déplacement, trouve-moi une tenue habillée adaptée à la météo locale, et prévois le réapprovisionnement de nos 200 plaquettes commerciales directement à l’hôtel pour lundi soir. »
  • de consulter le catalogue, les prix individualisés et les disponibilités de façon dynamique.
  • de négocier ou valider les conditions de vente.
  • d’exécuter le checkout et le paiement de manière sécurisée de bout en bout.

Les 4 conditions de l'agentique commerce

Passer à l'agentique commerce ne se résume pas à ajouter une couche d'IA générative sur un site existant. Cela exige une refonte plus profonde.

  • Restructurer les sites en composants autonomes (architecture API-first) : Les agents IA ne naviguent pas avec une souris sur une page HTML : ils consomment des API. Sans une architecture entièrement headless et découplée, les machines ne peuvent ni lire l'offre ni exécuter d'actions.
  • Traiter nativement les intentions complexes : Vos systèmes doivent être en mesure de comprendre le langage naturel structuré et d'en déduire des requêtes contextuelles multi-critères en temps réel, loin des simples recherches par mots-clés.
  • Unifier la donnée en temps réel (PIM + ERP/OMS + CRM/CDP) : Sans une synergie entre les données produit (PIM), la disponibilité des stocks et la chaîne logistique (ERP/OMS), ainsi que l'historique et les privilèges client (CRM/CDP), l'agent ne peut pas finaliser la commande.
  • Intégrer des points de contrôle automatisés (Guardrails) : Déléguer le checkout à des agents implique de sécuriser les flux financiers : plafonds de dépenses, vérification d'identité des agents d'achat, détection des fraudes et protocoles d'autorisation programmables.

Agentique commerce : 3 cas concrets

Comme évoqué en introduction, certains acteurs de l'écosystème e-commerce ont déjà posé les fondations techniques nécessaires pour être “consommés” par des machines et ainsi répondre aux exigences de l’agentique commerce.

 

1. Shopify et sa sélection intelligente de produits prêts à l’achat

En 2025, le géant du commerce électronique Shopify a lancé son infrastructure agentique commerce, permettant de réaliser l’ensemble du parcours d’achat directement via des agents conversationnels alimentés par IA.

Pour résumer, il suffit à l’acheteur de dire à son agent IA ce qu’il recherche comme une nouvelle paire de chaussures en vue d’une randonnée ou un cadeau d’anniversaire pour un adolescent amateur de bandes dessinées. Du côté de Shopify, les agents IA vont rechercher des produits et poser des questions pour affiner la requête que ce soit au niveau du prix à ne pas dépasser ou encore la taille, le mode de livraison, etc. Les agents de Shopify proposent ensuite une sélection de produits prête à l’achat.

 

2. Nike s’immisce dans les conversations

Nike a lancé une expérimentation autour de l’agentique commerce au printemps 2026, en amont de la Coupe du monde de football. L’équipementier sportif a en effet tout mis en œuvre pour que ses produits soient désormais recommandés et trouvés facilement via les plateformes Gemini et Google mode IA. Et surtout, le but de la marque est que ses produits soient achetés directement par les consommateurs au cours de leurs conversations avec les agents IA.

 

3. Wayfair et ses produits lisibles par les machines

Dans la même veine que Nike, le spécialiste de l’ameublement Wayfair a opéré depuis 2025 un virage vers l’agentique commerce en s’assurant que son catalogue composé de quelque 30 millions de produits issus de plus de 20 000 fournisseurs, soit lisible des agents IA. Dans un entretien, relayé sur Constellationr.com, Fiona Tan, CTO chez Wayfair explique : « Notre objectif est de rendre notre catalogue entièrement accessible sur les principales plateformes d’IA, afin de permettre aux clients de faire leurs achats en toute confiance, quel que soit le point de départ de leur parcours. » Et d’ajouter : « Dans un monde où le commerce est piloté par l’IA, les détaillants disposant d’un catalogue vaste et détaillé, de chaînes d’approvisionnement vérifiées et de solides capacités technologiques sont avantagés. »

Autre signal majeur qui témoigne de l’importance croissante de l’agentique commerce : l’entrée en jeu de Visa ! L’acteur spécialiste des paiements numériques a lancé Agentic commerce ready en mars 2026, un programme pour que ces transactions d’un nouveau genre puissent être réalisées de manière sécurisée avec un consentement explicite des utilisateurs.

Pour en savoir plus, téléchargez notre eBook Back to Agentic commerce !

Aurelya Bilard

Aurelya Bilard

Responsable marketing